11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 06:53

 

L’Amérique impuissante face au pasteur fou

S’appuyant sur la liberté d’expression Terry Jones a pu brûler un coran en toute impunité.

© Mario Tama/Getty Images/AFP

© Mario Tama/Getty Images/AFP

 

Rien ni personne ne semble pouvoir arrêter le pasteur Terry Jones dans sa folie provocatrice. Après avoir diffusé sur YouTube l’autodafé d’un coran le 20 mars dernier, entraînant l’assassinat de 7 em­ployés de l’Onu par des islamistes en Afghanistan, cet homme de 58 ans, devenu tristement célèbre, prépare l’acte II de sa croisade meurtrière contre l’islam. Il vient d’inciter les chrétiens à venir manifester devant une mosquée de Dearborn, banlieue de Detroit à forte population musulmane, pour protester contre la « menace islamiste ». Il a également annoncé son intention de faire un procès au prophète Mahomet pour « crimes contre l’humanité », comme il l’avait fait avec un coran avant d’y mettre le feu dans sa petite église de Gainesville, en Floride. 

Ni les conséquences terribles de son acte, ni les 300 menaces de mort qui pèsent sur sa tête, ni les condamnations très fermes de toute la classe politique à son encontre n’ont pu le faire plier pour l’instant. « Je suis prêt à mourir », a déclaré cet ancien missionnaire devant les caméras des télévisions américaines, avant de rejeter toute responsabilité dans la mort des employés de l’Onu. « C’est toujours tragique quand quelqu’un est tué, mais nous n’y sommes pour rien. Ça prouve juste qu’il y a un élément très radical dans l’islam. » À la limite, Terry Jones se frotterait presque les mains d’avoir obtenu ce qu’il voulait démontrer.

L’homme, discrédité, est au bord de la ruine : depuis l’été dernier déjà et son projet avorté de brûler un coran à l’occasion du neuvième anniversaire du 11 septembre 2001, son église s’était vidée de presque tous ses fidèles… Seuls sont restés une poignée de jusqu’au-boutistes, armés jusqu’aux dents. Sa compagnie d’assurance l’a lâché, et la banque a demandé le paiement immédiat du prêt consenti pour son église, aujourd’hui en vente. Conspué par tous, à commencer par les membres de sa commune dont le maire est gay, le pasteur Jones n’a jamais eu bonne presse à Gainesville, où il s’est installé en 1996 avec sa femme et son fils après 30 ans de missionnariat en Allemagne. Tout juste diplômé de l’école secondaire, il s’était vu infliger, à Cologne, une amende pour avoir utilisé frauduleusement le titre de « docteur ». 

Sur les diverses pages Facebook consacrées au pasteur, il se trouve bien quelques fous furieux pour applaudir ses funestes activités. Mais d’une manière générale, c’est la consternation qui prime, et cette question qui revient : « Jusqu’où peut aller la liberté d’expression ? » Aux États-Unis, celle-ci est farouchement défendue par le premier amen­dement de la Constitution. Il garantit aux citoyens américains le droit à presque toutes les formes d’expression non violente, y compris celles que d’autres pourraient trouver insultantes. Ainsi, les groupes qui prêchent par exemple la haine raciale, ont le droit d’orga­niser des mani­festations et de participer à des événements publics. La Cour suprême a constamment refusé de condamner l’autodafé du drapeau américain. Les docteurs de la loi soutiennent que l’érosion de la liberté d’expression pourrait aussi porter atteinte à la liberté de religion… En 2008, un magazine canadien s’était vu traîné en justice pour avoir publié un article violemment antimusulman. Cela ne serait pas arrivé aux États-Unis. Mais le cas du pasteur Jones est particulièrement délicat, car il met directement en péril la vie des soldats américains postés en Irak et en Afghanistan. Et quand on touche à la sécurité des troupes, cela suffit généralement à concilier démocrates et républicains.

Les législateurs des deux camps ont donc ouvert le débat pour tenter de trouver des moyens de punir Terry Jones, ou du moins de couper court à ses activités. Harry Reid, le porte-parole républicain du Sénat, a ainsi suggéré de le convoquer pour une au­dition devant le Congrès. Son collègue, Lindsey Graham, est allé plus loin : « J’aimerais que nous trouvions des moyens de responsabiliser les gens. La liberté d’expression est une idée formidable, mais nous sommes en guerre. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il y avait des limites à ce que l’on pouvait dire si cela pouvait ins­pirer l’ennemi d’une manière ou d’une autre. »

Si son acte n’avait pas été ré­cupéré par d’autres fanatiques à l’autre bout du monde avec les terribles conséquences que l’on sait, le cas du pasteur Jones aurait pu en rester au stade d’une tentative désespérée de se faire remarquer. Le sénateur démocrate de l’Illinois Dick Durbin affirme ainsi que le meilleur moyen de le contrer est de l’ignorer. « Tout ce qu’il recherche, c’est l’attention. Et tant que nous lui en donnerons, il continuera sa conduite irresponsable », a-t-il lancé.

Si le président afghan Hamid Karzai n’avait pas attiré l’attention de ses concitoyens sur la vidéo de l’autodafé du coran en publiant un communiqué de presse à son sujet, elle serait passée inaperçue… L’affaire est d’autant plus tragique que l’attitude de ce désaxé isolé n’est pas représentative de l’opinion américaine, où l’islamophobie, bien qu’à la hausse, est encore rare.

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