2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 08:32

 

 



Homélie de Toussaint, p. Michael
"Ce mois-ci, nous auront 3 événements particuliers – la Toussaint, le jour des défunts et l'Avent. Ensemble, on les retrouve repris dans les paroles du Credo apostolique : "Je crois en.. la communion des saints, la rémission des péchés .. et la vie éternelle. Amen."
La Toussaint et l'Avent sont étroitement liées, car la célébration des saints ne pourrait pas faire autre chose qu'aussi nous rendre conscients du Jugement de Dieu. Les saints qui se tiennent devant le Trône de gloire se sont aussi tenus au préalable devant le Trône du Jugement. Lumière et ténèbre humaines sont nous véritables facettes, à nous tous – bien que nous soyons tous appelés à devenir saints, nous nous connaissons comme pécheurs. C'est le temps pour nous de contempler la destinée de l'Église dans l'éternité. Nous savons que nous sommes à la fois pris dans une si grande nuée de témoins, et cependant, nous sommes aussi dans l'attente, l'expectative de la seconde Venue du Christ, quand toutes choses seront récapitulées dans le Royaume de Dieu. Nous attendons dans l'espérance, et nous sommes inspirés. Aujourd'hui, nous sommes inspirés par les 2 lectures de la Liturgie qui contiennent beaucoup d'encouragement.
Tout juste a avoir vécu, à avoir été agréable à Dieu, ou à avoir lutté contre ses propres péchés, ou vraiment cru en la Résurrection, est repris dans la fête de ce jour, car notre Seigneur a dit : "Et quiconque aura laissé pour moi, maisons, frères, soeurs, père, mère, enfants, ou terres, recevra le centuple et possédera la vie éternelle. Bien des premiers seront derniers, et des derniers premiers" (Mt 19,29-30). Ceci décrit la vie qui est agréable aux yeux de Dieu, la vie que nous sommes appelés à mener. Nous devons abandonner tout ce qui nous alourdit, le péché qui nous écrase si facilement, et même ce qui nous est le plus cher si cela nous freine, si cela nous tient éloignés du Royaume de Dieu.
Tout au long de l'année, l'Église commémore des saints particuliers, mais en ce jour, nous commémorons et célébrons tous les saints, et ainsi donc, la miséricorde et l'amour de Dieu pour nous, car c'est Dieu Qui donne la sainteté. Bien que les martyrs aient été commémorés liturgiquement dès les débuts de l'Église organisée (vers 270), une célébration des saints (ceux qui ont servi Dieu mais sont morts dans la Foi plutôt que pour la Foi) à une date commune, est mentionnée pour la première fois par saint Ephrem le Syrien en 373, et saint Jean Chrysostome en parle en 407.
Première tentative locale d'instaurer cette fête de tous les saints, du 6ème au 8ème siècle, dans les Gaules, on avait essayé de placer une fête générique de saints au 1er novembre en lui assignant des saints dont le "dies natalis" (l'anniversaire) était inconnu: saint Bénigne de Dijon, saint Ludre de Déols, saint Mathurin de Larchant, saint Austremoine d'Auvergne, saint Vigor de Bayeux, etc. On les retrouve dans l'antique martyrologe romain orthodoxe, et le matyrologe "hiéronymien" (dit de saint Jérôme, et surtout de ses continuateurs) contient des additions gauloises plus nombreuses qu'en tout autre jour.
L'archevêque Egbert d'York apporta cette fête en Angleterre après 735. "All Saints" (Tous les Saints ou Toussaint) est la deuxième dédicace la plus populaire pour les églises anglaises. Il y en a quelque 1.255, un chiffre qui n'est surpassé que par les dédicaces à la Vierge Marie – 2.162.
De pieux auteurs ont caractérisé la fête comme étant l'accomplissement de la Pentecôte. Le don du Saint Esprit par le Christ après Sa Résurrection et Son Ascension est Son don de sainteté à toute l'humanité, le Saint-Esprit répandu, le don du Saint-Esprit sur tous dans l'Église, qui nous rend capables d'avoir part à ce choeur des saints. C'est ce qui aide tous les hommes à parvenir à la connaissance de Dieu et à une vie juste. L'épître aux Hébreux dit que c'est par la Foi qu'ils ont accompli tout cela. Et elle parlait de l'époque de l'Ancien Testament, avant le don de l'Esprit-Saint. Combien plus remarquables sont les exploits des saints d'avant la venue du Christ, parce que le Saint-Esprit ne demeurait pas encore en eux. Le Saint-Esprit influençait leurs vies, les guidait, les aidait, mais ne demeurait pas en eux. C'était prévu pour une autre époque. Et l'épître aux Hébreux de continuer : "Et tous ces martyrs de la foi n'ont cependant pas connu la réalisation des promesses, parce que Dieu, qui avait en vue un sort meilleur pour nous, ne voulait pas qu'ils arrivent sans nous à la perfection du bonheur" (Heb. 11,39-40). L'auteur pointait vers la venue du Dieu-homme, Jésus-Christ, et ensuite l'envoi du Saint-Esprit après que Jésus-Christ ai montré et accompli ce qui était effectivement nécessaire pour notre Salut. Il nous a montré comment vivre, et a vécu en conformité avec Ses Commandements, et S'est relevé de Lui-même d'entre les morts. Et ensuite la venue du Saint-Esprit a pu nous éclairer, nous renforcer, et nous permettre d'accomplir la volonté de Dieu, et d'obtenir la promesse.
Demain, c'est le Jour des âmes défuntes, aussi appelé Commémoration des Fidèles partis. C'est Saint Odilon, 4ème abbé du célèbre monastère de Cluny, qui l'institua en 998 – et à l'époque Cluny était encore Orthodoxe. Il n'est bien entendu pas possible de classer les morts. La célébration de ce jour offre une opportunité pour commémorer "ceux que nous avons aimés mais ne pouvons plus voir." Les Offices reconnaissent aussi la douleur du chagrin humain, et sa fragilité, d'une manière que la célébration de la Toussaint ne saurait pas le faire. L'Office célébré ce jour met l'accent sur l'unité entre vivants et morts, un seul corps en Christ, que l'on célèbre dans le pain rompu à l'Eucharistie. Nous nous souvenons de tous nos aimés qui se sont endormis dans l'éternité, de même que nous visitons leurs tombes, et dès lors aussi, nous les présentons en ce jour devant Dieu.
L'Avent est une période d'attente et de préparation, elle exprime notre aspiration après la Venue du Christ, pour renaître en nous à nouveau et à jamais. Elle a aussi un fort caractère pénitentiel, car nous devons être prêts en âme et en esprit et en tout temps à nous retrouver devant le Trône de Dieu. Au cours de la Divine Liturgie, dans le Rite de Sarum, on ne chante plus pendant cette période le "Gloria in Excelsis", accroissant le poids de la dimension pénitentielle de l'Avent.
L'atmosphère méditative se trouve renforcée par l'ornement de l'église, dans la simplicité, notre fragilité est révélée, et notre vie complexe est mise à nu. L'époque ne sait pas comporter la même solennité que le Grand Carême, car nous sommes plongés dans les aspects concrets de la vie et l'excitation croissante (tant séculière que spirituelle) à l'approche de la sainte Nativité du Christ – et dans l'espoir de la Seconde Venue du Christ. L'Avent est un temps pour examiner notre désir et notre liberté pour nous abandonner. Non pas dans le sens final de rendre notre dernier soupir, mais comme une réponse d'amour quotidienne. Notre renonciation même avec ceux envers qui nous aurions plutôt tendance à nous refermer. Car en cette période, nous nous préparons à saluer notre Sauveur, Qui quitta Son Trône pour naître dans une mangeoire, et sur une Croix, abandonna Sa vie au monde.
Ces 3 parties de l'année ecclésiale: toute la compagnie au Ciel, la nuée de témoins, les saints avec qui nous nous rassemblons pour louer Dieu; la Résurrection des morts; et Celui Qui revient en gloire pour juger les vivants et les morts; voilà donc les sujets de méditation pour le restant de l'année civile.
Amen."
P. Michael, hiéromoine / abbé, Saint-Petroc monastery, EORHF/Rocor
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Published by Orthodoxes d'Europe - dans Prières et méditation

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