10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 02:56

Dans la nuit du 22 au 23 août, des profanations ont eu lieu dans le jardin de l’abbaye de Saint-Jacut sur Mer, et la croix que porte la statue présente depuis un siècle a été volée. Dans la nuit du 25 au 26 août, la chapelle de Locmaria à Carnac a été profanée et le chiffre 6 tagué sur les murs. Ces deux profanations conduisent à s’interroger sur l’identité et les motivations de leurs auteurs, ce pourquoi il faut faire un petit retour en arrière.

En 2004, il y eut 130 lieux de culte ou de recueillement chrétiens  profanées en France, 151 en 2007, 208 en 2005, 172 en 2006, 266 en 2008, 389 en 2009, 522 en 2010 (dont 308 lieux de culte), 434 à la fin d’octobre 2011  De toutes les profanations, les lieux de culte et cimetières chrétiens représentent 90 à 95%. Bien des agressions sont sans motif, quand il y en a, c’est le vol. Vingt pourcents à peine sont élucidés. Derrière la hausse continue se trouve aussi l’habitude croissante des paroisses et des communes à porter plainte

La Bretagne compte 1491 paroisses historiques (communes) et environ 5.000 lieux de culte chrétiens de toutes sortes, du couvent à la chapelle. Ceci sans compter les 1.600 cimetières et les croix et calvaires sans nombre, disséminés sur les petites routes de campagne ou surmontant les enclos paroissiaux. Historiquement, la Bretagne en compte deux religions, le druidisme qui a évolué vers un mode de vie, ou un ensemble de croyances et de remèdes transmis dans un cadre familial, et la religion chrétienne catholique, assez particulière à de nombreux égards, notamment à cause des saints Bretons, dont la Bretagne ne partage que trois –sur des milliers ! – avec le reste de la Chrétienté.

Les profanations, quand elles touchent l’autel, le tabernacle ou des statues et chapelles localement très vénérées, sont obligatoirement suivies d’une messe de réparation. L’évêque, qui retrouve là la tâche que lui donne l’étymologie de son nom (episkopos)  la décrète et vient habituellement la célébrer ou délègue à l’un de ses archidiacres. Le curé le fait lui-même quand l’évêque ne réagit pas ou lui en laisse le soin.

La bêtise premier responsable

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On attribue souvent les profanations et dégradations d’églises et de cimetières aux satanistes. Mais en 2010, sur 244 cimetières profanés, pour cinq seulement les enquêtes policières ont conclu à une origine sataniste. C’est souvent le surcroît d’ivresse et la bêtise humaine qui entraînent les gens à faire n’importe quoi, renverser des jardinières, des poubelles, envoyer des bouteilles dans les vitres des abribus ou des clochers. Ils s‘attaquent aux églises pas pour s’attaquer au lieu de culte, mais parce qu’il y a quelque chose à casser –  les vitres le plus souvent. L’ivresse frappe souvent la nuit. Ainsi, la nuit de dégradation qu’à connue récemment la ville du Palais est très probablement provoquée par la difficile adaptation des touristes aux boissons représentatives de l’art de boire Breton, tels que cidres, hydromels et chouchen. D’ailleurs les territoires qui s’adonnent à la boisson sans limites – région parisienne, Nord, Landes et Provence l’été – sont aussi ceux l’on ne compte même plus les dégradations et profanations de lieux de culte et de recueillement.

Ils escaladent la Cathédrale après avoir bu deux bouteilles de vodka à quatre

Cathédrale de Nantes

Variante : les gens ivres morts entreprennent d’escalader l’église – souvent en travaux – pour aller voir la vue depuis le clocher. Hors de Bretagne, la Cathédrale d’Orléans est fréquemment visitée par des jeunes ivres, et comme il faut passer par le comble pour accèder au clocher, lorsqu’une des lucarnes n’est pas ouverte, ils les forcent. Une nuit, ceux-ci avaient abandonné sur les lieux leur outil, un verrou de barrièresemblable à celui-ci  après avoir percuté deux extincteurs. Mikolaï, un jeune estonien, était en vacances àNantes quand il est monté sur la Cathédrale, elle aussi en chantier « Des amis allemands nous en avaient parlé. Nous avons bu deux bouteilles de vodka à quatre. L’alcool permet d’oublier le vertige. Et puis il y a l’adrénaline. Inoubliable. Même si après coup on se dit qu’on a fait une folie, je ne regrette pas. D’autant plus qu’on a pu faire de même àVannes.  Nantes vue de là-haut est vraiment la plus belle ville de Bretagne. ». Touchant. Mais sanctionné durement par la loi française, au titre de l’intrusion, de l’atteinte aux biens publics s’il y a vandalisme, et quand il y a des mineurs, ce qui arrive souvent, les familles de ces derniers peuvent porter plainte contre les meneurs majeurs de l’expédition pour mise en danger d’autrui.

« Quelqu’un a pissé dans l’église ».

Saint-Clair de Saillé

Le désœuvrement est aussi un grand responsable du vandalisme, traduction courante de l’atteinte aux biens, qu’ils soient publics (comme la plupart des églises, chapelles, cimetières croix et calvaires) ou non. C’est aussi une raison du manque de couverture médiatique des profanations : nombreuses sont les paroisses qui ne portent pas plainte, faute de responsable connu ou de gravité des faits, et encore plus nombreuses sont-elles à ne pas avertir de journaliste. C’est notamment pour cela que l’église de Saillé, près de Guérande, est fermée les mois d’été. La dame qui en garde les clés nous avait expliqué l’année dernière que « quand l’église était ouverte, on trouvait des pots de fleurs vidés, des bougies renversées, des pages du livre d’accueil arrachées, et puis un jour quelqu’un a pissé dans l’église. Ça a été le comble et depuis on ferme l’église le plus possible les mois d’été. » Dans la paroisse de Guérande, faute de monde pour la surveiller, la chapelle saint Cado, située auprès de la Baule est aussi souvent fermée.

La Chapelle Basse-Mer

C’est à cause du désoeuvrement qu’un groupe de jeunes a incendié la chapelle du Sacré-Cœur à Ploërmel en 2006 ou que deux enfants de 11 et 12 ans ont saccagé le cimetière de Rospez (22) l’année suivante. Toujours dans le même genre, le bris de stèles à la Chapelle des Marais (44) en 2008 ou la crèche de l’église de Montbert en Loire-Atlantique méridionale vandalisée. Certains poussent le vice jusqu’à le faire plusieurs fois de suite, comme à la Chapelle Basse-Mer (44) où le cimetière a été saccagé trois fois de suite, les nuits du 9 et 30 octobre et encore la nuit du 7 novembre 2007. A la Cathédrale de Saint-Brieuc en 2006, des coups de couteaux auraient été donnés au grand tableau représentant la Résurrection, exposé au centre du retable de la cathédrale et qui venait d’être restaurée. Le bas du tableau a été lacéré, un miroir a été souillé de crachats et les vases ont été renversés. L’oratoire où les messes ont lieu en semaine a également été victime de ces malveillances commises en plein jour.

La plupart des enquêtes pour vandalisme s’achèvent en queue de poisson. S’il n’y a pas de témoin, les auteurs sont loin, ne s’en souviennent plus ou sont morts de honte et seront les derniers à en parler. Sauf à confesse, à supposer qu’ils savent encore que ça existe. La folie furieuse peut aussi engendrer des destructions, comme à Gourin où « un homme d’une trentaine d’année a été pris d’un brusque accès de furie qui l’a poussé à détruire une bonne partie du mobilier dans l’après-midi du dimanche 5 décembre[2010]. Le banc, l’harmonium, l’autel, les vitraux et la sono ont été les cibles de sa furie. » Idem, à Anetz(44) le 8 septembre 2007, où des adolescents de 12 à 14 ans ont déféqué dans l’église, renversé les livres de cantiques et retourné toutes les chaises. Coup de folie probable aussi que la destruction à la massed’une balustrade en granit massif, du XVIe, à Saint-Pol de Léon. Le granit local n’étant pas réputé pour sa tendresse, à la folie s’est peut-être mêlée une bonne dose d’ivresse.

Le vol engendre bien des dégâts

Les églises, pour des voleurs, regorgent de choses à voler, pensent-ils. A tort, souvent, puisque bien des paroisses qui ont construit à force de quêtes et de sacrifice une nouvelle église ont mis moins de moyen sur le mobilier cultuel. Ainsi, l’Eglise prescrit que les parties des objets (calices, patènes, custodes, ciboires) en contact avec les Saintes Espèces (corps et sang du Christ) soient d’un métal précieux, or ou argent. Mais ces parties peuvent n’être revêtues que d’une fine couche d’or ou d’argent, comme c’est le cas dans de nombreuses paroisses où seul l’intérieur du calice est doré ou argenté. Divers artifices permettent aussi de combler la diversité de poids. La pratique religieuse, et notamment la réforme liturgique des années 60 ont abattu ou fait tomber en désuétude d’autres prescriptions. Les burettes des Saintes Huiles, normalement en étain ou en argent, sont aujourd’hui remplacées bien souvent par des flacons en verre. Quant aux statues, elles sont lourdes et la grande majorité date du XIXe, époque où elles étaient produites en série (et en plâtre) par des ateliers spécialisés.

L’église Saint-Solenne de Quilly

Les voleurs, qui ne le savent pas, fondent donc sur les églises, souvent ouvertes et mal surveillées, d’autant plus qu’en France, le je-m’en-foutisme individualiste règne et ils peuvent compter sur l’indifférence des voisins des lieux de culte, plus souvent implantés au beau milieu d’un bourg qu’en plein désert, ce qui est moins le cas en Bretagne. Ou alors, ils œuvrent sous le manteau de la nuit, comme àQuilly (44), où il y a près de cinq ans, les deux serrures de la porte de sacristie ont été cassées à la hache par des voleurs repartis avec deux ciboires. Certains voleurs sont incapables de revendre leur butin et le détruisent, ignorants de sa valeur religieuse et historique, comme les ignares qui avaient volé des statues le 14 et 15 décembre 2006 dans deux chapelles du Trégor, dont une à Plounevez-Moëdec.

Les voleurs étant d’un naturel frustre, certains d’entre eux qui ne trouvent pas ce qu’ils recherchent ou n’arrivent pas à forcer les – parfois solides et anciennes – portes des sacristies, passent leur colère et leur déception sur le mobilier liturgique et l’autel. En novembre 2006, toutes les statues de l’église de Châteaulin (29) sont volées, et ce qui ne l’est pas a été brisé. Le 9 mai 2008, àFeins (35), la grotte de Lourdes est visitée, la statue de la Vierge volée, celle de sainte Bernadette, peut-être estimée plus difficile à vendre, est brisée et abandonnée sur place. Le 18 mars 2010, l’église duquartier de Penhars à Quimper a été volée et vandalisée Parfois, les voleurs, faut d’embarquer une statue, n’en emmènent que l’un de ses élements, l’épée pour un guerrier, la croix ou la crosse pour un saint ou un évêque. C’est ce qui s’est probablement passé à Saint Jacut.

Le satanisme ou la haine religieuse, causes minoritaires mais stables de vandalismes

Les vandales qui se reconnaissent satanistes ou en lutte contre les fanatismes sont minoritaires, d’autant plus que nous sommes en Bretagne et que la proportion de gens, jeunes ou moins, qui ont fait une indigestion de Voltaire ou de Calvin, est bien moindre. Les tags qui ont touché le 4 avril  2011 l’église Saint-Pie X de Vannes  ont ainsi été faits par quatre jeunes légérement alcoolisés qui étaient en lutte contre les religions, toutes. Auraient-ils pu en faire d’autant sur une mosquée ? On l’ignore, mais ils ont aussi tagué les locaux de la CFE-CGC tous proches.

La haine religieuse touche aussi des artistes, et les élus ainsi que l’Eglise, qui font ce qu’ils peuvent pour faciliter l’ouverture des lieux de cultes aux artistes pour qu’ils y jouent de la musique religieuse ou  exposent leurs œuvres, se retrouvent bien eus. En 2009, une artiste a surpris élus et membres du clergés enfermés à double tour dans la chapelle Saint-Pierre de Mahalon (29)  lorsqu’elle s’est livrée à une « performance » incluant un strip-tease sur l’autel. L’odieuse profanation a provoqué une réaction cinglante de l’évêque de Quimper  causant un raidissement général  en marge d’une saine remise des pendules à l’heure par l’Eglise. Il n’y a plus eu de problèmes depuis sur tout le territoire Breton jusqu’en 2012, lorsque le maire de Pommerit-Jaudy a voulu exposer de l’art primitif vaudou dans la chapelle Saint-Antoine. Le curé s’est rigoureusement opposé et l’exposition d’art païen a du reculer.

Eglise Saint-Clément

Les satanistes s’attaquent souvent aux croix. Ce qui ne veut pas dire que tous ceux qui s’attaquent plus particulièrement aux croix ou en peignent, renversées, le soient. Ils se donnent souvent une justification à leurs forfaits. Le 22 octobre 2010, l’église Saint-Louis de Brest a été recouverte de tags anti-catholiques et de croix renversées peintes. En février 2010, des inscriptions satanistes et anarchistes (A cercléni Dieu ni maître) ont été peintes sur le collège saint Donatien et l’église Saint-Clément à Nantes Souvent ce sont des cas isolés et sporadiques, comme des pulsions.

Mais deux flambées de satanisme, en 2006 et 2007, ont secoué la Bretagne. Le cimetière de Mellac profané le 13 janvier 2006. Puis 63 tombes du cimetière de saint-Thurien le 19 janvier. La chapelle Saint-Guen à Saint-Tugdual est incendiée dans la nuit du 29 au 30 janvier  Un calvaire détruit à Kernevel en Rosporden le 31. Le 3 février, un carreau de l’église Saint-Conogan de Lanvénégen (56) est brisé et des tags satanistes sont peints. Le lendemain, des inconnus s’introduisent dans la chapelle Saint-Guenaël à Guiscriff par un carreau dont ils brisent le vitrail. Tous ces faits sont l’œuvre des mêmes gens qui se disent satanistes, mais les pouvoirs publics n’ont réagi que quand un lieu de culte a été incendié.

La chapelle de la Croix à Loqueffret

L’année suivante connaît pire. D’abord, deux cimetières sont saccagés avec un même mode opératoire : croix renversées ou brisées, tombes d’enfants retournées : à laChevallerais (44) le 6 janvier et à Léhon (29) le 12 avril. Puis, dans une affaire distincte, le groupuscule TABM (True Armorik Black Metal) fait trembler la Bretagne. Ses quatre membres emmenés par Benoit Hascoët  saccagent les calvaires de BénodetClohars-FouesnantPleuven,Gouesnac’h, celui de Saint-Huel (XIVe) à Langolen, la fontaine Saint-Vennec à Combrit, celle de saint-Côme àPloemeur, dégradent la chapelle et la fontaine du Drennecet brûlent le 16 juin la chapelle sainte-Croix à Loqueffret. Arrêtés, ses quatre membres ont reconnu être les coupables des faits et ont été solidairement condamnés à payer 123 852 € à la commune de Loqueffret et individuellement à diverses peines de prison, de 6 à 48 mois.

Des médias silencieux, des lois inefficaces

Un article d’Agoravox  qui fait office de référence conduirait à répondre « Rien », mais Michel, curé dans le diocèse de Rennes, nuance la réponse : « Les journaux font souvent une brève, pour peu qu’ils soient au courant. C’est plutôt un problème politique. Dans ce pays lorsqu’une synagogue ou une mosquée est vandalisée, c’est le branlebas général, avec réactions du MRAP, de SOS-Racisme etc. sur tous les médias, le président en profite toujours pour essayer de reprendre 1 ou 2% dans les sondages, alors que quand c’est une église, c’est le silence total à moins de détruire un lieu de culte complet. Il est plus facile de vendre du papier dans un cas que dans l’autre ». Du reste, il n’y a vraiment que les blogs et médias nationalistes (Fdesouche) ou catholiques (Le Rouge et le Noir, le Salon BeigeChrétienté.info,Christianophobie.fr) qui s’inquiètent réellement des profanations et en font l’inventaire. Mais rien n’excuse que les églises implantées au milieu des “cités” soient victimes de la haine religieuse et que personne n’en parle. A Toul, il a fallu que les Identitaires lorrains viennent ramener le calme pour que le culte puisse enfin se faire dans de bonnes conditions à la Croix de Metz. La Bretagne ne connaît pas encore cela, mais jusqu’à quand ?

Politique. C’est bien l’impression qu’on a lorsqu’on regarde la loi. Et son application. L’incendie d’une mosquée est sanctionné par les juges par cinq ans ferme. Le meneur des satanistes qui en 2007 ont saccagé une douzaines de lieux saints dont cinq calvaires n’a été condamné qu’à 48 mois fermes, soit quatre ans. Et symbole d’une société où les valeurs sont renversées, il est moins grave de profaner une église (1 an de prison) que de télécharger un film illégalement (trois ans encourus).

Il existe aussi tout un arsenal de lutte contre le vol des biens, notamment religieux.  Mais il n’est globalement efficace qu’envers les œuvres d’arts classées, et l’immense majorité du mobilier de culte ne l’est pas. Comme bien peu de paroisses ont d’inventaire avec photos, et que de toutes façons les voleurs agissent maintenant en bandes qui écument les départements dans un rayon de 200 km autour d’une frontière , ceux-ci exportent leur bien mal acquis et s’empressent de le faire fondre en vitesse. Ce qui a du se passer pour le Trésor d’Auray pillé en octobre 2011  L’enquête pour le retrouver piétine et il est peu probable qu’on retrouve un jour les objets… à moins qu’ils n’attendent dans quelque grenier ou canal que l’émotion retombe et le souvenir s’estompe pour pouvoir les écouler en douce

Contre les vols et les saccages, que faire ?

L’étendue des saccages, même commis par des inconscients, ivres ou enfants, montre à quel point la peur de Dieu n’est plus présente dans les esprits. C’est l’un des plus grands poisons issus de l’application en France de la réforme théologique par des « progressistes » teintés d’idéologies antichrétiennes, comme le marxisme : Dieu et l’Eglise ont été présentés comme conviviaux, amicaux, partageurs, alors que la Foi et le culte (notamment des Saints) tiennent sur le respect envers Dieu et le pouvoir qu’il a sur les choses. L’on pointe le désœuvrement et la bêtise comme premières causes des saccages de lieux de culte, mais il ne faut pas oublier qu’il y avait des désœuvrés et des gens ivres pendant des siècles. Mais au plus fort de leur bêtise et de leur ivresse, la peur envers le Seigneur, l’opprobre de toute la communauté, arrêtait leurs desseins fataux. Et plus une société renverse ses valeurs et se fait gouverner par la recherche pure de plaisir égoïste, plus elle cède en tout au Mal et au Péché, plus elle se reconnaît comme culture un art qui rabaisse le divin ou le nie (piss Christ), plus la peur du Seigneur est nécessaire pour que l’individu garde la conscience aigüe de sa finitude.

D’un point de vue plus pratique, l’UNESCO a édité un guide pour donner des idées aux paroisses soucieuses de protéger leur patrimoine. Nombreuses sont-elles à protéger une partie de l’église par des grilles (1), qui se marient très bien au baroque allemand (le chœur était en effet protégé par des grilles) ou à l’histoire des abbayes et des églises priorales dont le chœur réservé aux moines était séparé de la nef paroissienne par une grille. Contrairement à ce que nombre de paroisses pensent, fermer n’est pas une solution, et il y aura toujours moins de vols dans une chapelle ou une église régulièrement entretenue et où il y a souvent du passage. Toutefois les personnes qui entretiennent les églises sont de plus en plus âgées (2) et habitent parfois loin du lieu de culte. En revanche faire un inventaire précis, munis des photos et des mesures des mobiliers cultuels, de l’étole au confessionnal, reste une bonne idée. Dans certains cantons, il a été fait par les services régionaux de l’Inventaire des Monuments Historiques, au sein des DRACs. Rien ne remplace toutefois la vigilance commune et citoyenne qui fait l’une des forces de la Bretagne. Sur les 434 profanations enregistrées en France en octobre 2011, la Bretagne ne représente qu’une extrême-minorité. L’attention de chaque Breton aide chaque jour à protéger le patrimoine et la Foi que nous ont légués nos ancêtres.

Notes :

(1)   : Certaines grilles sont réussies, d’autres non. L’église de Sury-sur-Bois dans la forêt des Loges au beau milieu du Loiret (XVe-XVIe) a ainsi vu ses accès nord et ouest protégés par deux grilles « de type Castorama » recouvertes d’un grillage de garde-manger. Elles jurent avec l’édifice et en vain, puisque l’une d’elles ferme par un simple loquet. Votre dévoué serviteur étant un jour de passage par là a refermé ce monument à l’investissement municipal raisonné.

(2)   Et comme ces personnes sont âgées et que les curés le sont aussi, ils misent plus sur la lourde porte et les forts barreaux de la sacristie que sur l’adoption d’un mode de rangement et d’inventaire original.

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Published by Orthodoxes d'Europe - dans Persécutions - Justice - Paix

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ne laissez jamais quiconque vous dire qu’afin d’être Orthodoxe, vous devez aussi être Oriental.

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Saint Jean Maximovitch