24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 02:25

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Sous le titre « L’outrage de Venise et le crucifix de Vienne », un article bien senti du professeur Roberto de Mattei dans la dernière livraison de Correspondance Européenne (édition française, n° 256, 20 septembre 2012). D.H.

« Il est bien difficile d’imaginer un attentat contre la foi chrétienne plus blasphématoire et provocateur que celui mis en scène au Festival de Venise le 31 août, lors de la projection du film Paradise Faith (La foi du Paradis), de Ulrich Seidl. Ce film atteint son point culminant lors d’une séquence dans laquelle l’héroïne, l’actrice Maria Hoffstatter, se consacre à l’auto-érotisme en utilisant un crucifix en guise d’outil. Il est inutile d’entrer dans les détails, ignobles, mais il faut néanmoins rappeler que pour un chrétien il n’y a pas de symbole plus sacré que le crucifix, qui représente Jésus-Christ, Dieu fait homme, mort sur la croix pour délivrer les hommes de leurs péchés. La foi chrétienne toute entière se résume dans la prédication du Christ crucifié.

Le scandale de Venise n’est pas un cas isolé dès lors qu’il s’inscrit dans un cadre de christianophobie de plus en plus inquiétant. La pièce de théâtre de Romeo Castellucci Sur le concept du Visage de Dieu, mise en scène à Milan en janvier, n’est que le premier de nombreux épisodes qui ont eu lieu tout au long de l’année. Toutefois, le Festival du Film de Venise est bien plus retentissant: il s’agit d’une véritable vitrine internationale, où se sont précipités les journalistes du monde entier pour révéler, sans aucune honte, les contenus du film blasphématoire, qui a entre autre reçu un prix spécial du jury.

Le Saint-Siège est intervenu le 12 septembre avec une déclaration très ferme: « Le profond respect des croyances, des textes, des grands personnages et des symboles des différentes religions est la condition essentielle pour la coexistence pacifique des peuples ». C’est le Père Federico Lombardi, porte-parole du Bureau de Presse du Vatican, qui l’a déclaré. Mais cet appel ne concerne malheureusement pas le cas blasphématoire de Venise, mais un autre film produit en Amérique, L’Innocence de musulmans, qui est considéré à l’origine des manifestations violentes qui ont eu lieu en Libye et dans les autres pays arabes.

« Les conséquences très graves des insultes et des provocations injustifiées envers la sensibilité des croyants musulmans – a écrit dans une note le Père Lombardi – sont une fois de plus, dans ces jours-ci, bien évidentes, pour les réactions qu’elles suscitent, parfois même avec des résultats dramatiques, qui à leur tour aggravent la tension et la haine, en déclenchant une violence absolument inacceptable ». Ce qui s’est passé en Libye ne serait pas le résultat d’une planification prévue depuis des mois par Al-Qaïda contre l’Occident, mais plutôt la conséquence inévitable des «insultes et des provocations injustifiées envers la sensibilité des croyants musulmans». Mais pourquoi est-ce que les insultes et les provocations envers la sensibilité des croyants catholiques, comme celles du Festival de Venise, ne sont pas considérées «injustifiables»? Est-ce seulement parce qu’elles ne causent de conséquences, ni graves, ni modestes?

Très peu de personnes ont rappelé que ce qui s’est passé dans la ville de Benghazi n’est pas la conséquence de l’inutile film anti-Mahomet, mais plutôt de la politique franco-américaine qui a cédé le Moyen-Orient à l’Islam qui, par le biais de la justice réparatrice, a eu comme moment crucial celui du soutien apporté par l’OTAN aux fondamentalistes de Benghazi contre Kadhafi. Et si le monde entier a protesté contre le film anti-islamique, qui pour l’instant est semi-clandestin et probablement ne sera jamais diffusé, personne n’a protesté contre le film anti-catholique, qui a été projeté publiquement et est destiné à une grande distribution, sans que personne ne s’oppose.

Ceci est le vrai problème d’aujourd’hui. Il n’y a pas seulement la persécution des chrétiens en terre islamique, il y a aussi la christianophobie en Occident. Mais par-dessus tout il y a la faiblesse et la complicité de l’Occident face à cette christianophobie. L’automutilation des milieux ecclésiastiques fait aussi, malheureusement, partie de ce système de complicité.

Le bienheureux Marc d’Aviano sur les collines du Kahlenberg, avec vue sur Vienne, brandissait le crucifix comme un objet de lutte et de victoire, pour pousser les combattants chrétiens à libérer la ville occupée par les musulmans. Aujourd’hui, le crucifix n’est plus qu’un instrument de plaisir sordide pour une société hédoniste qui se détruit en se remettant à l’Islam. »

Source : Correspondance Européenne

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Published by Orthodoxes d'Europe - dans Persécutions - Justice - Paix

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