12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 03:07


Tout homme est un phénomène unique et original ; la voie de chaque ascète est, elle aussi, unique et
originale. Cependant les hommes, dans leur tendance à classifier les phénomènes selon tel ou tel critère, le font également dans ce domaine.





L'expérience séculaire des Pères permet de classer en trois catégories ou types le développement de la vie
spirituelle d'un homme.





La grande majorité des hommes fait, partie de la première catégorie. Ils sont attirés à la foi par une légère
touche de la grâce, puis passent le restant de leur vie dans un effort spirituel modéré pour observer les commandements, et ce n'est qu'à la fin de leur vie, en raison des souffrances vécues,
qu'ils connaissent la grâce dans une mesure quelque peu plus grande. Certains d'entre eux, d'ailleurs, font plus d'efforts et reçoivent une grande grâce avant leur mort. C'est le cas de
nombreux moines.





La deuxième catégorie comprend ceux qui sont attirés, au début, par une touche de la grâce relativement
légère, mais font, ensuite, preuve d'un grand zèle dans la prière et dans la lutte contre les passions, et connaissent, au cours de ce laborieux effort ascétique, au milieu de leur voie, une
grande effusion de l'a grâce ; passant le reste de leur vie dans un effort encore plus grand, ils atteignent un haut degré de perfection.


La troisième catégorie est la plus rare. C'est celle des hommes qui, par leur ferveur, ou plutôt grâce à la
prescience de Dieu, reçoivent dès le début de leur voie ascétique une grande grâce, la grâce des parfaits. Leur voie est la plus difficile, car personne, en effet - pour autant qu'on puisse en
juger d'après les vies et les oeuvres des saints Pères, d'après la tradition orale des ascètes des siècles derniers et encore en se basa- sur l'expérience de nos contemporains -
personne ne peut garder en plénitude le don de l'amour divin, mais ensuite, pour une période prolongée, l'homme subit la perte de la grâce et l'abandon de Dieu. En réalité, ce n'est pas une
complète perte de la grâce, mais subjectivement l'âme ressent la diminution des effets de la grâce comme un abandon de Dieu.





Les ascètes de cette dernière catégorie souffrent plus que tous les autres, car, après avoir connu la grâce
et la contemplation de la lumière divine, ils ressentent les ténèbres de l'abandon de Dieu et les attaques des passions, en raison même du contraste avec ce qu'ils ont vécu auparavant, d'une
manière incomparablement plus aiguë : ils savent ce qu'ils ont perdu. En outre, la grâce vécue transforme l'homme tout entier et le rend infiniment
plus sensible à tout phénomène spirituel.





Les ascètes de cette dernière catégorie souffrent plus que tous les autres, car, dans ce monde-ci, l'amour du
Christ est plongé dans une très douloureuse « fournaise de l'épreuve » (I Pierre 4,12) ; car, dans ce monde-ci, l'amour du Christ est inévitablement un amour
crucifié.


 


 


Starets SilouaneArchimandrite Sophrony
Edition Présence


 


 


 


 


 


 


 


 


 



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