21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 05:38

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Les abominables pogroms contre les chrétiens de l’Orissa (Inde) de 2008 ne sont pas qu’un mauvais souvenir. Les persécutions se poursuivent, comme en témoigne cette étude d’Églises d’Asie d’hier.

Plus de quatre ans après les pogroms de 2008, les chrétiens de l’Orissa vivent toujours dans la peur, victimes d’expropriations, de conversions forcées et de menaces de mort de la part des hindouistes, sous le regard indifférent voire complice de la police et des autorités locales. La situation est particulièrement inquiétante au Kandhamal où les assassinats de chrétiens continuent d’être classés sans suite et les exactions commises en toute impunité.

Le 12 décembre dernier, une douzaine de maisons appartenant à des chrétiens aborigènes de la ville de Raikia dans le district du Kandhamal, ont été entièrement rasées sur ordre des autorités locales. L’explication officielle était que ces habitations se trouvaient sur le tracé d’une route en projet, mais les associations de défense des droits de l’homme et la communauté chrétienne de Raikia soutiennent qu’il s’agit d’un nouveau cas de corruption des fonctionnaires locaux.

Depuis des années en effet, Piklu Sabat, un riche entrepreneur de Raikia possédant les terres avoisinantes, essaye régulièrement de s’approprier les terrains sur lesquels vivent les chrétiens. Après avoir vainement tenté, par des menaces puis par des propositions financières, de persuader les locataires de quitter les lieux, il aurait versé des pots-de-vin conséquents aux autorités afin d’obtenir l’expropriation des habitants et récupérer leurs terres.

Au matin du 12 décembre, rapporte l’agence AsiaNews, la police et les responsables de la municipalité de Raikia se sont rassemblés sur la route principale du village, à quelque 300 mètres des maisons afin de superviser l’expulsion. Ceux qui tentaient de protester étaient immédiatement arrêtés. Peu après, les bulldozers entamaient la démolition des douze habitations.

Sandip Nayak, l’une des victimes, explique que sa mère avait « reçu un ordre d’expulsion fixé au 9 décembre, au prétexte que la maison se situait sur un terrain appartenant au gouvernement ». Comme tous les autres habitants, Sandip et sa mère n’avaient jamais manqué à payer leur loyer régulièrement et aucun projet de route n’avait été évoqué à quelque moment que ce soit.

Les chrétiens expulsés ne nourrissent aucun espoir quant au dépôt éventuel d’une plainte au commissariat, la police locale ayant elle-même procédé à l’évacuation forcée, sans qu’aucun document officiel n’ait été fourni pour en justifier la légalité.

En janvier 2011, la police de Raikia avait déjà couvert l’assassinat d’un pasteur,concluant à la « mort par refroidissement » alors que le corps présentait des signes de lutte, avec « du sang qui sortait de la bouche, les membres cassés, le visage, le cou et la poitrine lacérés, les vêtements déchirés ». La réaction de plusieurs associations de défense des droits de l’homme avait obligé le gouvernement de l’Orissa à faire reconnaître le décès comme un « meurtre inexpliqué ». Mais malgré la présence de nombreuses preuves désignant deux suspects –des leaders hindouistes impliqués dans les violences de 2008 -, aucune arrestation n’avait eu lieu.

La région de Raikia n’a jamais vu la situation revenir à la normale, tout comme la plupart des villages du Kandhamal, district qui fut l’épicentre des violences antichrétiennes de 2008 responsables de plus d’une centaine de morts, près de 55 000 déplacés, ainsi que de milliers de maisons, de lieux de culte et d’institutions détruits.

Le 11 décembre dernier, c’est un cimetière chrétien qui a été profané à Midiakia, toujours dans le Kandhamal. Le Rév. Gaurango Nayak, pasteur de l’église méthodiste, rapporte que toutes les croix ont été arrachées, ainsi que les arbres entourant les tombes. La police auprès de laquelle la communauté a porté plainte s’est contenté d’interdire l’entrée du cimetière afin d’éviter de nouvelles profanations.

Dans le village de Midiakia, qui abrite différentes familles chrétiennes, catholiques, méthodistes ou baptistes, les violences antichrétiennes n’ont jamais cessé, aucun des responsables des massacres de 2008 n’ayant été arrêtés. En juillet 2011, un pasteur, le Rév. Michael Nayak, a été tué lors d’une embuscade par des hindous radicaux. La police locale a classé l’affaire, comme à Raikia et dans tant d’autres localités du district où les hindouistes continuent de faire régner la terreur.

Selon un bilan effectué en août dernier par un collectif rassemblant des journalistes et des militants des droits de l’homme, dans le seul district du Kandhamal, au moins 10 000 personnes sont encore sans abri (sans compter les 150 familles provisoirement abritées dans des ghettos du gouvernement) et les quelques chrétiens revenus dans leurs villages sont toujours en butte aux menaces des hindouistes, subissent conversions forcées et expulsions illégales, sans avoir jamais touché les indemnités que le gouvernement de l’Orissa s’était engagé à leur verser auprès de l’Union indienne et de la communauté internationale.

A ce jour, pour plus de 2 433 personnes acquittées par les tribunaux spéciaux mis en place afin de juger les crimes commis en 2008, seulement 452 personnes ont été inculpées. Sur les milliers de cas de violences, qui avaient été recensés, moins de la moitié ont été retenus par la police et la plupart n’ont pu être jugés, les témoins s’étant désistés à la suite des menaces de mort proférées contre eux par les hindouistes.

Sajan K George, président du Global Council of Indian Christians (GCIC), une ONG œcuménique qui défend en Inde les droits des chrétiens, a dénoncé une « persécution incessante et pernicieuse » touchant tous les chrétiens du Kandhamal. Condamnant la profanation du cimetière de Midiakia et les expulsions des chrétiens de Raikia, Sajan George a renouvelé également sa demande que soient menées au plus vite, par une commission impartiale, des enquêtes sur les assassinats de chrétiens qui ont été commis ces derniers mois dans l’indifférence générale.

Au sujet des récentes expropriations, le président du GCIC a déclaré : « Le gouvernement de Raikia a créé une nouvelle Bethléem ; comme Jésus né dans une mangeoire,ces femmes et ces enfants passeront Noël sans toit sur leur tête, dans le froid et l’extrême pauvreté, abandonnés par ceux qui devaient les protéger ».

Mgr John Barwa, archevêque de Cuttack-Bhubaneshwar, interviewé le 18 décembre par AsiaNews, s’est adressé aux chrétiens de l’Orissa et en particulier, à ceux du Kandhamal : « Voici mon message de Noël : Aucune persécution n’arrivera à détruire notre foi. Notre Seigneur est avec nous et sera toujours avec nous. Même si nos biens ont été détruits et les personnes que nous aimions ont été tuées, notre foi a résisté et s’est renforcée, après avoir été vérifiée par le feu (…).[C’est pourquoi le Kandhamal, terre de martyrs, est aujourd’hui devenu lumière pour le monde».

Source : Églises d’Asie http://www.christianophobie.fr/

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Published by Orthodoxes d'Europe - dans Persécutions - Justice - Paix

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