24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 02:51

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Nous présentons ci-après une interview accordée par l’archevêque Henryk Muszyński à l’agence catholique polonaise d’information KIA, dans lequel il décrit la voie qui a mené à la signature prochaine d’un appel conjoint aux peuples de Russie et de Pologne par le primat de l’Église orthodoxe russe et le président de la Conférence épiscopale de Pologne. Le but de cette interview est de préparer la visite du patriarche Cyrille en Pologne et de présenter la réponse aux questions les plus essentielles qui peuvent se poser relativement à cette visite.

KIA : le 17 août, au château royal de Varsovie, le patriarche Cyrille, primat de l’Église orthodoxe russe et l’archevêque Józef Michalik, président de la Conférence épiscopale de Pologne signeront un appel conjoint, adressé aux peuples de Russie et de Pologne. Le présent dialogue entre l’Église catholique en Pologne et le Patriarcat de Moscou s’inscrit-il dans la ligne bien connue du dialogue des années soixante entre les Églises de Pologne et d’Allemagne, qui a mené au pardon mutuel et à l’unité ?

Archevêque Henryk Muszyński : Le but du dialogue est comparable, même s’il se produit dans des réalités qui diffèrent, du début du dialogue polono-allemand après la guerre. La lettre des évêques polonais aux évêques allemands en 1965, était une déclaration unilatérale de l’épiscopat polonais, à laquelle les évêques allemands ont réagi plus tard. En ce qui concerne le présent appel conjoint aux peuples de Pologne et de Russie, nous avons affaire immédiatement à un document émanant des deux épiscopats. C’est-à-dire que dès le début, la situation diffère du dialogue polono-allemand. Ce dialogue était une tentative de créer un pont entre des peuples hostiles à une époque où les plaies de la guerre n’étaient pas encore refermées. Le présent dialogue est mené à un moment absolument différent de l’histoire. Il est question d’un regard, du point de vue de la foi chrétienne, sur une histoire  séculaire commune, bien que complexe, et encore de l’histoire des deux peuples et d’une projection sur l’avenir qui est devant nous.

 

Cependant, les buts fondamentaux des deux dialogues sont semblables : il est question du dialogue pour une compréhension plus complète du partenaire. Le fondement, sur lequel s’appuie ce message est très fort : nous avons un seul et même Évangile, les mêmes sacrements, et en tant qu’Églises catholique et orthodoxe, nous faisons face à des défis semblables de la part du monde qui nous entoure. Les deux Églises ont conscience que leur tâche est le témoignage évangélique. En ce sens, nous sommes proches. Nous ne sommes pas ennemis ou antagonistes, nous sommes frères dans la foi chrétienne unique, nous répondons ensemble pour l’avenir de nos Églises et de nos peuples.

KIA : Toutefois, le passé difficile polono-russe divise toujours et nécessite une réévaluation. Dans l’appel des deux Églises, des mots semblables à ceux de la lettre des évêques polonais aux évêques allemands « Nous pardonnons et demandons pardon » se feront-ils entendre ?

Archevêque Henryk Muszyński : Non, on ne saurait reproduire directement ces mots du document précédent, étant donné que les relations polono-russes n’ont pas encore mûri à ce point. À l’étape présente, il est question en premier lieu du retour à la confiance réciproque. Nous avons une certaine expérience commune, par exemple, le totalitarisme de différentes sortes, qui nous a rapproché, mais en même temps divisé. En tant que Polonais, nous parlons clairement des souffrances causées par les deux aspects du totalitarisme : germanique nazi, et communiste soviétique.

Nos partenaires russes ne sont pas habitués à percevoir comme homogènes le totalitarisme germanique et le totalitarisme du communisme athée. La discussion du document, qui a duré plus de deux ans, a montré qu’en ce qui concerne toutes les questions historiques, il est très compliqué à l’étape présente, de trouver une langue commune avec les Russes. Pour cette raison, la partie historique du document est très générale. Il est manifeste que dans le domaine de la thématique historique, un travail gigantesque, qui plus est commun, d’historiens des deux côtés est nécessaire. Étant donné qu’il n’est pas réalisé jusqu’à maintenant, et que les historiens, dans leurs recherches ne sont pas parvenus à un quelconque consensus, nous évêques, sommes impuissants devant cette situation. La seule chose que nous pouvons, en ce qui concerne ces événements qui sont interprétés différemment par les deux côtés, est de tenter de montrer la foi qui mène au rapprochement, à l’unité. Nous sommes convaincus qu’une unité forte comme fondement d’un avenir pacifique ne peut se dégager que sur la base de la vérité complète sur notre passé commun.

Il convient de rappeler que des tentatives de telles recherches communes ont déjà eu lieu. Comme exemple, je pourrais citer le livre « Des taches blanches et des taches noires » sous la rédaction du professeur Adam Rotfeld et d’Anatole Torkunov. C’est une enquête précieuse qui couvre la période 1918-2008. C’est un pas très important en direction de l’avenir, un espoir réjouissant.

Je lis ce livre avec une attention particulière et j’apprends beaucoup. Cependant, au moment de la rédaction commune de l’appel commun, nous nous sommes concentrés, plus que sur l’histoire, sur l’avenir qui se dresse devant nos peuples. Aussi, nous avons intitulé cette partie du document « L’avenir dans la perspective du passé ». Le point de départ ici est devenu l’appel à travailler pour le bien du développement du dialogue qui doit amener à une meilleure compréhension du partenaire et retrouver la confiance perdue. Sans confiance, il est difficile de parler d’une quelconque union [entre les deux peuples, ndt]. De même, l’union ne saurait devenir possible sans une évaluation objective de l’histoire. Il n’y a pas d’union sans pardon. J’ai conscience que nous nous trouvons au début même d’un processus méticuleux polono-russe, qui aspire à la concorde. C’est un problème compliqué pour des années entières, dans lequel l’Église peut jouer un rôle irremplaçable. On ne peut attendre cela des politiciens, du fait que la politique ne dispose pas dans ce domaine des instruments indispensables.

En premier lieu, les destinataires de l’appel sont les fidèles de nos Églises. Nous leur rappelons qu’à la source de tout processus d’union doit se trouver la conversion intérieure à la voie de la vérité. Sans cette conversion, il ne peut être question d’unité.

Le point de départ de ce processus, c’est la foi commune, la conviction que comme Églises, nous sommes déjà unis en Jésus-Christ, qui nous a donné pour commandement la mission de l’union du monde. En conséquence, dans ce domaine nous servons Dieu Lui-même, nous accomplissons le service destiné à l’Église. Aussi, nous appelons à de nouveaux efforts, qui peuvent rapprocher nos peuples et faire de nous des témoins plus convaincants de l’Évangile à l’égard du monde qui nous entoure.

KIA : Quels moyens et actions concrets faut-il accomplir pour que cela se traduise dans les faits ?

Archevêque Henryk Muszyński : Nous soulignons que ce n’est pas seulement le voisinage séculaire qui unit nos peuples, mais aussi le riche héritage chrétien de l’Orient et de l’Occident. Par conséquent, premièrement, nous manifestons les racines chrétiennes de l’unité. Elles montrent ouvertement que le labeur dans l’œuvre de l’union est une obligation pour tous les gens d’Église. Deuxièmement, le moyen est la propagande de la confiance commune, sans laquelle l’unité est impossible. Troisièmement, c’est l’appel à la conversion intérieure à Dieu,  à se délivrer de tout préjugé ou poids qui complique l’union et la rencontre mutuelle. Cependant, avant tout, nous appelons au pardon. Nous adressons cette demande, en même temps que l’appel aux croyants, avant tout à Dieu, afin qu’Il nous aide mutuellement à pardonner nos péchés. Nous ne mentionnons pas concrètement quels péchés chaque côté a en vue, parce que nous ne sommes pas encore parvenus à cette étape.

KIA : Quand viendra le temps de la demande de pardon pour des péchés concrets qui ont été commis à une certaine époque ?

Archevêque Henryk Muszyński : Quelque chose de semblable a résulté de l’union polono-allemande. Lorsque, cinquante après la célèbre lettre des évêques polonais aux évêques allemands, contenant ces paroles remarquables : « Nous pardonnons et nous demandons pardon », j’ai proposé, comme vice-président du groupe de contact polono-allemand, d’essayer de définir ce que nous pardonnons concrètement, cela s’est avéré incroyablement compliqué. Mais nous sommes parvenus à ce résultat : les Allemands ont demandé pardon pour « les offenses immenses causés au peuple polonais » et nous « pour les offenses causées aux Allemands, particulièrement au moment de leur expulsion ».

KIA : Comme je le comprends, au niveau polono-russe, la situation n’a pas encore mûri à ce point que l’on puisse dire qui demande concrètement pardon et pour quoi ?

Archevêque Henryk Muszyński : Le document contient tout ce qu’il a été possible d’obtenir à l’étape présente des relations polono-russes. On y trouve ces mots : « Nous appelons nos fidèles à demander à Dieu de pardonner les offenses, l’injustice et tout mal, qui a été causé l’un à l’autre ». Nous sommes convaincus que c’est un premier pas sur le processus difficile et compliqué d’union et de pardon qui, vraisemblablement, durera des années.

KIA : Le message contient également un appel au témoignage commun des deux Églises, orthodoxe et catholique. En quoi doit-il consister ?

Archevêque Henryk Muszyński : Le métropolite Hilarion, qui dirigeait la délégation russe qui a préparé le document avec nous, a parlé à plusieurs reprises de la nécessité de créer une sorte d’alliance entre les Églises orthodoxe et catholique pour la défense des valeurs chrétiennes, contre l’indifférentisme croissant à notre époque et le processus en voie de progression du sécularisme. Il a souligné que les défis qui sont adressés à nos Églises dans le monde contemporain sont pratiquement identiques.

En préparant le document commun, nous nous sommes efforcés de le formuler d’un point de vue positif et de souligner précisément que, tout en respectant l’autonomie du pouvoir civil, nous appelons au dialogue mutuel, à la tolérance, nous appelons les fidèles à répondre aux défis auxquels sont confrontés nos Églises. Sont concernés la défense de la dignité humaine, la propagande des valeurs fondées sur les dix commandements, comme ceux de la sainteté de la vie depuis la conception jusqu’à la mort naturelle, moyennant quoi nous n’acceptons pas les avortements et l’euthanasie, la défense de l’unité du mariage.

Cependant, avant tout, le document consiste en un appel au témoignage commun de l’espoir du Christ ressuscité à toute l’Europe, ce à quoi a appelé clairement Jean-Paul II dans son exhortation « Ecclesia in Europa ». Nous considérons cela comme la tâche fondamentale de nos Églises aujourd’hui. Et comme nous avons un culte commun et très profond de la Mère de Dieu, nous y faisons référence, en nous rendons compte qu’aujourd’hui, l’honneur rendu à la Vierge Marie, doit être absolument complété par un témoignage vécu.

KIA : Quelle est la signification de ce document polono-russe dans le domaine du dialogue entre l’Église catholique-romaine et l’Église orthodoxe au niveau mondial ?

Archevêque Henryk Muszyński : Ce document a une signification, dans la mesure où il dépasse certaines barrières entre les Églises qui sont voisines l’une de l’autre, ce qui éloigne indubitablement les obstacles au dialogue œcuménique. Cependant, nous ne menons pas intentionnellement un dialogue dans le domaine théologique, du fait qu’il existe des commissions théologiques créées dans ce but par les deux Églises : celles du Vatican et de l’orthodoxie. Elles travaillent en permanence. Nous ne les remplaçons pas. L’unité de l’Eglise est l’œuvre du Saint Esprit et le fruit de la prière, et non celui de compromis humains.

Nous avons parlé des voies qui doivent mener au rapprochement. Il est question ici de dépasser ce qui s’est produit entre nos peuples et ouvrir la voie vers leur unité. Nous ressentons que c’est le devoir particulier de nos Églises. En ce sens, c’est un apport très essentiel, parce que nous nous rendons compte que l’amour se produit d’une façon inversement proportionnelle à la proximité géographique.

Il est beaucoup plus facile d’aimer un Indien, qui se trouve loin, que le voisin, avec lequel les problèmes quotidiens se présentent au premier plan dans les relations. Nous nous attelons à cette tâche consciemment, notamment pour la raison que nos Églises sont les Églises majoritaires en Pologne et en Russie. Par conséquent, leur responsabilité à l’égard des fidèles est plus grande que dans le cas  d’Églises minoritaires. Aussi, nous adressons notre appel au dépassement de la situation compliquée et à l’union, en premier lieu, à nos Églises, puis ensuite à tous les croyants, et enfin à tous ceux pour qui l’idée de la création d’un sentiment commun et de relations pacifiques entre nos peuples est proche.

KAI : Quelle a été précisément l’origine de l’appel, et comment s’est déroulé le processus de la création du document ?

Archevêque Henryk Muszyński : L’idée d’un document commun est né de la façon suivante : le patriarche Cyrille avait prévu un voyage en Pologne en tant que nouveau primat de l’orthodoxie russe, au nombre de ses visites aux différentes Églises orthodoxes autocéphales. Conformément à la tradition séculaire, chaque primat nouvellement élu d’une Église orthodoxe autocéphale visite les autres Églises et leurs chefs. Cela se produit dans un ordre défini, conformément au rang qu’occupe l’Église donnée dans les diptyques, c’est-à-dire selon la liste établie au cours des siècles des patriarcats, métropoles et archevêchés. La première place est occupée par le Patriarcat de Constantinople, ensuite Alexandrie, Antioche, Jérusalem, la Serbie et les autres Églises. L’orthodoxie polonaise occupe dans la liste le 12ème ou 13ème rang, avant ou après l’Albanie. C’est selon cet ordre qu’aurait dû venir le patriarche Cyrille dans notre pays, qui n’a visité jusqu’à présent que Constantinople, Alexandrie, Antioche et la Géorgie. Le chef de l’Eglise orthodoxe russe a fait ici une exception. Aussi, en raison de cela, nous avons ressenti qu’il ne fallait pas se limiter à un voyage habituel, qu’un geste devait l’accompagner, et un geste fondamental. En quelque sorte une avant-garde a été constituée par  la visite des moines russe du skite Saint-Nil de Stolobny, qui se trouve sur l’île du lac de Seliger. Ils sont venus en Pologne en septembre 2009. Le skite Saint-Nil est l’un des plus grands et des plus importants monastères de l’Église orthodoxe russe. Du temps de la période communiste, les moines en furent expulsés, et dans ses murs, pendant la guerre a été créé le « camp Ostachkov » pour les prisonniers polonais. Les détenus polonais ont été incarcérés dans le monastère et furent plus tard fusillés dans la région de Tver, puis enterrés dans la forêt, près de Mednoe. En Pologne, les moines du skite Saint-Nil ont visité Varsovie, Gniezno, Czestochowa, Plock, et d’autres endroits. Au monastère de Iasna Gora, ils ont reçu une copie de l’icône de la Mère de Dieu de Czestochowa, qu’ils ont ramenée au monastère et pour laquelle ils ont promis de construire une chapelle en l’honneur des martyrs polonais.

Il s’en est suivi une correspondance officielle des représentants du Patriarcat de Moscou et des évêques polonais, en partie sous la forme d’une lettre amicale que m’a envoyée le métropolite Hilarion, actuellement président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou.

Le pas suivant a été constitué par les visites régulières à Varsovie des représentants du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou. Le métropolite Hilarion a participa à l’une d’elles. De notre côté, nous avons pris l’initiative en nos mains, et aux discussions avec les représentants du patriarcat, outre ma propre personne, ont participé également l’évêque Stanisław Budzik, alors secrétaire général de l’épiscopat, et maintenant métropolite de Lublin, et l’évêque Tadeusz Pikus, comme responsable de la commission œcuménique de l’épiscopat catholique de Pologne. Bien que les discussions n’aient pas été simples, particulièrement en raison des différends dans l’évaluation de nombreux aspects de l’histoire commune, j’ai personnellement appris beaucoup sur le plan de la connaissance de la perception de celle-ci par l’Église orthodoxe russe. J’ai pris conscience qu’en réalité – involontairement – nos Églises, jusqu’à ce jour, restent mutuellement isolées, ne se connaissent pas, et l’une des raisons de cette situation est le mensonge de la période communiste, qui ne permettait pas de connaître la vérité. Ce n’est que maintenant que nous pouvons parler librement et ouvertement, bien qu’il y ait jusqu’à maintenant des strates d’ignorance, de préjugés, de stéréotypes mensongers.

KIA : Que pouvons-nous précisément apprendre de l’Église orthodoxe russe ?

Archevêque Henryk Muszyński : Un exemple concret. Pour nous, l’image de la Mère de Dieu est seulement une image, pour eux, c’est une icône, c’est le signe de la présence de la Mère de Dieu. J’ai reçu à une certaine occasion une magnifique leçon des orthodoxes, dont je me souviendrai jusqu’à la fin de mes jours. Ils m’ont apporté une icône de la Mère de Dieu de Czestochowa, offerte par les pères pauliniens pour le monastère Saint-Nil de Stolobny. Lorsque j’ai proposé de la laisser, pendant la nuit, dans le hall de la résidence épiscopale à Gniezno, on m’a dit : « Et vous laisseriez aussi votre mère dans le couloir ? » Nous l’avons placée dans la chapelle en récitant une prière commune, et je leur serai reconnaissant pour cette leçon jusqu’à la fin de mes jours.

Archevêque Henryk Muszyński : votre Éminence, le 17 août sera signé l’appel conjoint des deux Églises. Doit-on y voir une limite ? Que doit-il se passer après la signature du document ?

Je serais prudent en appelant cela « une limite », c’est plutôt un début qui, je l’espère, ouvrira une nouvelle étape de l’activité commune. Une étape de témoignage positif de l’amour fraternel des deux Églises, de cet amour qui constitue le critère fondamental du christianisme et son affirmation. L’essentiel est que nous devons provoquer, malgré des différences existant réellement, par la prière commune à l’Esprit Saint, plus de confiance chez nos fidèles et dans le monde qui nous entoure.

Source: Cerkiev.pl, traduit du russe pour Orthodoxie.com

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Published by Orthodoxes d'Europe - dans Le monde orthodoxe

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