29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 14:03

 

 
concile panorthodoxe

©S.HAWKEY

EXCLUSIF MAG - Le concile panorthodoxe, qui devait réunir toutes les Églises orthodoxes, a commencé ses travaux le 20 juin sur l’île de Crète. Sans la délégation russe.

Les orthodoxes russes ont tenu parole : demandant le 13 juin le report du concile panorthodoxe « à une date qu’il conviendra de fixer ultérieurement », ils avaient indiqué « avec un profond regret » [qu’il leur serait] « impossible d’y participer » s’il était « malgré tout » convoqué. Le concile s’est ouvert lundi sur l’île de Crète. Comme trois autres Églises (Antioche, Géorgie et Bulgarie), ils n’étaient pas là.

L’absence de l’orthodoxie russe à ce qui devait être le rassemblement historique de tous les courants de l’orthodoxie dans le monde constitue un cuisant échec pour tous ceux qui, depuis plus de cinquante ans, se sont efforcés de l’organiser. Et ce d’autant plus que les Russes, patriarche Kirill en tête, avaient participé aux derniers travaux préparatoires, en particulier la « synaxe » de janvier 2016 à Genève-Chambésy. Une réunion au cours de laquelle avait été fixée la date du « saint concile » (du 16 au 27 juin) et approuvés les thèmes qui restent à l’ordre du jour : la mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain, la diaspora orthodoxe, l’autonomie et la façon de la proclamer, le sacrement du mariage et ses empêchements, l’importance du jeûne et son application aujourd’hui, et les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien.

Malheureusement, au fil du mois de juin, plusieurs défections ont été annoncées : patriarcat de Bulgarie (1er juin), d’Antioche (6 juin), de Géorgie (10 juin), auxquels s’est ajouté le patriarcat de Russie. Ces retraits ont des motifs divers et complexes : composition du concile, méthodes de travail, poids de chaque patriarcat dans la prise de décision chacun d’entre eux, en effet, regroupe un nombre de fidèles et de diocèses extrêmement disparate. En arrière-plan plane l’ombre de la vieille rivalité entre le patriarcat grec orthodoxe, actuellement dirigé par Bartholomée Ier, et celui « de Moscou et de toute la Russie », que conduit le patriarche Kirill. Pour l’orthodoxie russe, le principal argument invoqué pour expliquer son absence est celui de « l’unanimité » : autrement dit, la nécessité que l’ensemble des Églises orthodoxes autocéphales participe au concile pour que celui-ci puisse se tenir. Trois d’entre elles ayant refusé d’y siéger s’il n’était pas reporté, elle a préféré, elle aussi, s’abstenir. Une décision aux conséquences capitales, puisqu’elle regroupe plus de la moitié des quelque 250 millions d’orthodoxes répartis dans le monde.

« Nous restons une seule famille orthodoxe »

L’absence de la délégation russe au concile panorthodoxe ne signifie pas que toutes les relations sont coupées. Dans un message du 17 juin, le patriarche Kirill « salue cordialement » ses participants et les assure que ses « prières [les] accompagneront durant les jours de travail qui [les] attendent ». Invitant les orthodoxes à « ne pas se troubler du fait que les avis des Églises sœurs se sont partagés », il assure que « nous restons une seule famille orthodoxe ». « Les Églises, aussi bien celles qui ont décidé de venir en Crète que celles qui s’en sont abstenues, ont pris leur décision en conscience, c’est pourquoi il convient de considérer leur position avec respect. »

De son côté, sans mentionner les absents, c’est un vigoureux appel à l’unité du monde orthodoxe qu’a lancé le patriarche Bartholomée Ier lors de la célébration de la Pentecôte orthodoxe, le 19 juin, à la veille de l’ouverture des sessions : « Cette voie exige un sacrifice vivant, beaucoup de labeur, et il faut durement lutter pour ne pas s’en écarter. [Mais] Il est certain que notre concile œuvrera dans cette direction. »

Jean-Marie Dumont

http://www.famillechretienne.fr/

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Published by Orthodoxes d'Europe - dans Concile panorthodoxe

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