20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 15:22

Sacrements de baptême et confirmation :

 

Le baptême, mort du vieil homme et naissance de l'homme nouveau, est donné si possible et de préférence par immersion. La confirmation qui le suit ne désigne pas seulement l'acte d'affermir le baptême, mais aussi celui d'apposer le sceau du don du Saint-Esprit par l'onction du saint chrême, sacrement appelé aussi chrismation. C'est la Pentecôte personnelle.

 

Par le baptême, l’onction (la confirmation) et la communion, les enfants comme les adultes deviennent membres de l'Église. Celui qui veut entrer dans le sein de l'Eglise orthodoxe y est reçu : le non baptisé par le baptême, l’onction et la communion ; le chrétien baptisé par la pénitence, la confession publique de la foi orthodoxe (Credo), l’onction et la communion.

 

Le baptisé est assisté d'au-moins un parrain qui s'engage à le soutenir spirituellement et matériellement dans sa vie.

 

Sacrement de communion :

 

Les fidèles communient réellement au Corps et au Sang de Jésus-Christ sous la forme visible de pain levé et de vin mêlé d'eau, dont la transformation - après que le prêtre a prononcé les paroles que le Christ formula pour instituer ce sacrement, paroles de l'Institution - est parachevée par la puissance du Saint-Esprit à l’œuvre dans l'Epiclèse, indispensablement présente dans toute liturgie orthodoxe.

 

La communion est la nourriture divine indispensable donnant au croyant la force libératrice du péché et la vie éternelle, union à Dieu et à l'Eglise.

 

La communion fréquente est l'aliment essentiel qui vivifie l'âme et le corps.

 

Sacrement de pénitence :

 

La confession individuelle aide à la guérison que l'homme vient chercher dans l'Eglise, demeure essentielle à la santé de l'âme.

 

Devant Dieu et assisté par le prêtre comme témoin, le croyant formule et confesse périodiquement ses fautes. En vertu du pouvoir qu’il a reçu de son évêque, successeur des apôtres, à qui le Christ a conféré le pouvoir de lier et de délier, le prêtre lui accorde l'absolution, le déliant de ses péchés. Il peut, dans des cas graves, la lui refuser.

 

Dans l’Eglise Orthodoxe d’Europe, comme parfois dans l'Eglise Orthodoxe Orientale, est établi l'usage de l'absolution générale, laissant à chacun la responsabilité de juger en conscience, devant Dieu, de sa possible participation au sacrement de communion.

Tout en promouvant la valeur essentielle des deux sacrements - pénitence et eucharistie - l’Eglise Orthodoxe d’Europe a dissocié les deux et ne subordonne pas systématiquement la communion eucharistique à la confession préalable des péchés.

 

Sacrement de l'Ordre :

 

La grâce de l'Ordre est conférée par l'évêque. Il existe trois ordres majeurs : diaconat, prêtrise, épiscopat. Les ordres mineurs sont : portier, lecteur, exorciste, acolyte, sous-diacre.

 

L'évêque doit être célibataire ou veuf. Il est élu par le clergé et par le peuple. Il est ensuite sacré par au moins deux évêques.

 

Le prêtre et le diacre, comme dans l'Eglise primitive (S. Paul 1ère épître à Timothée 3, 1-13), peuvent être mariés, le mariage devant précéder l'ordination. Les membres du clergé peuvent exercer la profession de leur choix.

 

Sacrement du mariage :

 

Le mariage est un sacrement par lequel l'Eglise confère au couple force et grâce pour la vie commune. Il est considéré en principe comme unique. Toutefois le mariage religieux peut, en cas d'erreur manifeste ou d'incompréhension spirituelle foncière, être dissous en vertu d’une appréciation canonique de l’évêque. Un nouveau mariage peut alors être béni par l'Eglise (S. Paul, 1ère épître aux Corinthiens 7, 12-16).

 

Sacrement de l’onction des malades :

 

Ce sacrement, qui a pris à tort, au cours des derniers siècles, le nom et le sens d'extrême-onction, n'est pas réservé aux mourants. Il a pour but de délivrer l'homme, par le pardon et les prières, des maladies qui le frappent, les maladies étant considérées comme des suites du péché.

 

 

LITURGIE

 

Les offices:

 

Fidèle au principe territorial de l'Eglise Orthodoxe, l’Eglise Orthodoxe d’Europe célèbre un rite byzantin et un rite occidental lié à sa propre civilisation. Pour la liturgie eucharistique, elle a adopté l'ancien rite des Gaules tel qu’il existait avant l’unification liturgique opérée par Charlemagne. Ce rite a été étudié en détails par de nombreux et éminents liturgistes, depuis le P. Lebrun au XVIIIe siècle jusqu’à Mgr Duchesne au XXe siècle. Saint Grégoire de Tours, saint Césaire d’Arles, saint Isidore de Séville y font référence, et ses moments principaux sont décrits dans deux lettres par saint Germain, évêque de Paris au VIe siècle. 

 

Ce rite ainsi restauré, examiné à plusieurs reprises par d’éminents liturgistes orthodoxes, a reçu leur pleine approbation, et ils l’ont parfois eux-mêmes célébré : ainsi l’archevêque Jean (Maximovitch), futur saint Jean de San Francisco, et alors exarque pour l’Europe du Synode de l’Eglise russe hors frontières (cf. en annexe 2 les extraits du rapport de la Commission liturgique présidée par lui en 1959). 

 

Elle célèbre aussi périodiquement, à certaines fêtes, le rite byzantin (Saint Jean Chrysostome ou Saint Basile) en communion avec les Eglises orthodoxes orientales. En Italie nous célébrons la liturgie de saint Ambroise.

 

La forme des offices divins (laudes, vêpres, complies, nocturnes et heures) est celle prévue par saint Benoît (Ve siècle), mais raccourcie pour les besoins des églises paroissiales. 

 

Les textes liturgiques :

 

Ils appartiennent soit à l'ancienne liturgie gallo-romaine, soit en raison des lacunes dues à la disparition de certains manuscrits, au rite romain où se retrouvent quelques-uns de ces textes à l'état de vestiges, soit enfin au rite byzantin pour les offices et les fêtes dont l'usage s'est perdu en Occident, ce qui représente un enrichissement évident.

 

Les chants :

 

En principe, la lecture simple n'est pas en usage dans l'Eglise orthodoxe, le son musical, contrôlé par le souffle, expression de l'être intime (cœur), étant considéré comme le plus apte à rendre intelligible, assimilable et mémorisable la Parole divine, née elle-même du souffle de Dieu. C'est ce qui explique que conformément à la Tradition, tous les offices sont psalmodiés ou chantés sans intervention d'instruments.

 

Tous les textes sacrés sont exposés au moyen de cantilènes traditionnelles reconstruites pour la langue française suivant les principes communs aux chants grégorien et byzantin, c'est-à-dire au moyen de formules mélodiques simples préétablies, agencées entre elles en combinaisons variées selon les nécessités du texte. Comme dans l'office monastique traditionnel oriental ou occidental, ces thèmes mélodiques connus (les formules) sont choisis dans l'un des « huit tons ecclésiastiques ».

Les chants sont exécutés a capella. Ils sont soit monodiques, soit polyphoniques, suivant les nécessités du service et les possibilités matérielles. Ils sont répartis de façon stricte selon le schéma trinitaire traditionnel entre le clergé (« au chœur »), les chantres (« au pupitre ») et l'assemblée des fidèles (« dans la nef ») qui participe activement à l’office communautaire.

 

 

L'année liturgique :

 

Traditionnelle, nous y avons ajouté la restauration de deux semaines supplémentaires pour la période de l'Avent (ancien usage des Gaules) et de plusieurs fêtes théologiquement liées à l'enseignement orthodoxe sur le Saint-Esprit : par exemple la Théophanie, célébrée le dimanche qui suit l’Epiphanie (6 janvier) et la Transfiguration (6 août), tombées en désuétude en Occident.

Le calendrier des fêtes de l’Eglise Orthodoxe d’Europe, en France, est celui en usage en Occident et en Orient. Elle vénère les saints de l'Eglise Orthodoxe et célèbre leur fête. Elle honore tout particulièrement les grands saints de la France, tels que saint Irénée, saint Hilaire, saint Martin, saint Germain, sainte Geneviève, sainte Radegonde, et tant d'autres qui contribuèrent à l'épanouissement du christianisme.

 

 

Le temple :

 

A l'image du temple de l'Ancien Testament (qui se composait de trois parties : le Temple, le Saint et le Saint des Saints), l'église, en principe, se divise en trois parties distinctes : le narthex, puis la nef, et enfin le sanctuaire séparé de la nef par une balustrade. 

 

Dans les églises et chapelles de l’Eglise Orthodoxe d’Europe, comme dans les anciennes églises de Rome et de Byzance, il n’y a pas toujours d’iconostase. Elle est remplacée par cette balustrade, plus ou moins haute et plus ou moins pleine selon les époques et les usages locaux. Elle est percée de trois portes; celle du centre à deux battants (les « Portes saintes ») symbolise l'entrée du Royaume des cieux, les deux autres donnent accès, l’une à l’autel de prothèse, où sont préparés les Saints Dons en vue de la Divine Liturgie, et l’autre au diaconicon. 

 

De part et d’autre des Portes saintes sont présentées à la vénération l’icône du Christ et celle de la Mère de Dieu.

 

L'autel (à la fois trône, tombeau et table du repas céleste) a sa place au milieu du sanctuaire. Au cours de toutes les prières qu'il dit au nom du peuple, et notamment pendant la Grande Prière eucharistique, le célébrant se tient devant les fidèles, tourné comme eux vers Dieu face à l'autel. Il ne se retourne que lorsqu'il s'adresse à l'assistance. Pendant les lectures de l'Epître et de l'Evangile, tandis qu'il préside à l'assemblée d'instruction (liturgie des catéchumènes), le célébrant se tient derrière l'autel, face aux fidèles.

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Published by Orthodoxes d'Europe - dans Primatie

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“Jamais, jamais, jamais,

ne laissez jamais quiconque vous dire qu’afin d’être Orthodoxe, vous devez aussi être Oriental.

L’Occident a eu la pleine Orthodoxie mille ans durant, et sa vénérable Liturgie est bien plus ancienne que n’importe laquelle de ses hérésies.”

Saint Jean Maximovitch