20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 15:09
L’Eglise de France

 

Saint Jean de Saint Denis

 

L’Eglise Orthodoxe d’Europe est dans chaque pays une Eglise locale, comme toutes celles qui sont apparues dans toutes les nations, d’abord au sein de l’Empire romain, puis en dehors de ses limites (les peuples dits « barbares »). 

 

Par exemple cette Eglise locale a fleuri en Gaule dès le début du christianisme. Elle a su faire prévaloir en son temps la saine doctrine orthodoxe : sa contribution à la lutte contre l’arianisme a été exemplaire. 

 

Elle ne s’est écartée qu’avec peine, sous la férule de Pépin le Bref, et surtout de ses descendants, Charlemagne et ses successeurs, de ses antiques traditions liturgiques. 

 

Elle a tenté de résister, à maintes reprises, contre la transformation du devoir de « présidence dans la charité » reconnu à l’Eglise de Rome, en un pouvoir papal devenu de plus en plus centralisateur et dominateur. 

 

Plus récemment, la tendance qu’elle incarnait en dépit de tous les obstacles a fait émerger, après plusieurs autres, le P. Louis Irénée Winnaert (1880-1937), un prêtre catholique qui s’efforçait de retrouver l’authenticité de l’Eglise du Christ telle qu’exprimée dans les écrits de l’apôtre Paul, et a été le co-fondateur de notre communauté. 

 

Elle se réfère à l’Orthodoxie traditionnelle, à laquelle elle aspirait, en la personne d’Eugraph Kovalevsky (1905-1970), qui, arrivé en 1920 en France avec ses parents après la Révolution russe, éprouvait, de son côté,  le fervent désir d’y retrouver les traces de l’Eglise indivise, et qui entreprit, grâce à la Confrérie Saint-Photius, fondée à son initiative en 1925, de restaurer l’Eglise orthodoxe des Gaules avec sa liturgie, telle qu’elle avait existé au premier millénaire, non point comme une reconstitution archéologique, ce qu’avaient déjà réalisé plusieurs liturgistes des XVIIIe et XIXe siècles, mais vitalement, selon son esprit, ses rites et ses constitutions adaptés aux conditionnements contemporains. 

 

L’antique Eglise locale reprit naissance en France, avec la bénédiction de l’Eglise orthodoxe russe, en 1936, qui, comme nous le déclarons « accepte ce que l'Eglise orthodoxe accepte, et rejette ce qu'Elle rejette ». 

 

*

L’Eglise Orthodoxe d’Europe se réfère au Décret du Patriarche Serge de Moscou, en date du 16 juin 1936, article 9, lequel fonde sur le plan historique l’EGLISE ORTHODOXE OCCIDENTALE. C’est de ce texte patriarcal russe qu’émergent, ou se réfèrent, les entités ecclésiales présentent actuellement sur le territoire français : l’Eglise Catholique Orthodoxe de France, l’Eglise Orthodoxe Celte, l’Eglise Orthodoxe Française, l’Eglise Orthodoxe des Gaules, l’Eglise Orthodoxe  d’Europe.

 

L’Eglise Orthodoxe d’Europe est donc une Eglise ORTHODOXE confessant la même foi que les Eglises orthodoxes grecque, russe, roumaine, bulgare, serbe, etc. Ses dogmes, sa théologie et sa foi ne diffèrent en rien de ceux des Eglises orthodoxes d'Orient. Orthodoxie signifie glorification droite (ou juste), présupposant la vie dans la « vraie foi ».

 

Elle est une Eglise CATHOLIQUE comme toutes les Eglises orthodoxes et comme l'Eglise romaine. Catholicité signifie en effet plénitude universelle de la Vérité, opposée à toute limitation.

 

Elle est aussi une Eglise DE FRANCE, c'est-à-dire locale selon le principe de l'unité dans la diversité qui règle l'organisation des Eglises orthodoxes. C'est ainsi que, selon le même principe, elle n'a jamais utilisé pour son culte d'autre langue que la langue maternelle du peuple : en France, le français.

Ceci s’applique avec les mêmes principes dans chaque Pays où elle est présente.

 

Elle s'est appliquée à restaurer certains usages liturgiques locaux propres à l’Occident mais abandonnés au cours des derniers siècles - et inconnus des Eglises orientales -, usages compatibles avec l'intégrité de la foi orthodoxe et avec la tradition de l'Eglise indivise du premier millénaire, et qui aident les fidèles à prendre plus intimement conscience des mystères liturgiques.

 

Elle ne représente pas, on l’a dit, un retour archéologique à un état de l'Eglise existant aux VIe et VIIe siècles en Gaule, mais la résurgence visible d'un courant souterrain qui n'a jamais cessé de se manifester à travers des personnalités diverses, et qui prend sa source dans le patrimoine de l'Eglise indivise.

 

Il suffit de signaler les efforts d'Alcuin (IXe siècle), conseiller de Charlemagne, pour sauver certaines particularités du rite de la Gaule afin d'en enrichir le rite célébré à Rome à cette époque ; les efforts de Pierre le Vénérable, abbé de Cluny,  qui restaure au XIIe siècle l'office de la Transfiguration ; ceux de Gerson au XVe siècle, lors du concile de Constance ; ceux de Bossuet au XVIIe siècle, professant sur certains points une doctrine totalement acceptable pour l'Eglise orthodoxe ; ceux de nombreux savants des XVIIe et XVIIIe siècles (tels entre autres l'abbé Jubé et le père Lebrun) pour restaurer une liturgie plus proche de la tradition de l'Eglise indivise représentée en France par le rite de l'ancienne Gaule. Ce rite était d’ailleurs célébré à travers tout l’Occident – à l’exception notable de Rome – moyennant certaines particularités locales, ce qui a permis à Maxime Kovalevsky de le qualifier de « rite paneuropéen ». Il en subsiste des rémanences dans les liturgies propres à Milan et à Tolède, qui sont célébrées quelques fois l’an.

 

On doit également signaler les travaux de l'abbé Guettée (XIXe siècle), de Mgr Winnaert, déjà nommé (1937), et enfin du père bénédictin Alexis van der Mensbrugghe (1980) – tous devenus ensuite orthodoxes.

Le rituel en usage dans l’Eglise Orthodoxe d’Europe est le fruit d'une expérience liturgique vécue depuis 1936. Il a été progressivement établi sous la direction de Monseigneur Jean (Eugraph Kovalevsky) par des commissions successives au cours de travaux poursuivis systématiquement. Parallèlement, le chant liturgique a été élaboré sous la direction de Maxime Kovalevsky, son frère et collaborateur, selon les principes traditionnels.

 

Par sa nature même, ses buts et ses réalisations, ce mouvement en Occident, au sein de l’Eglise orthodoxe universelle, peut être considéré comme un témoignage œcuménique vivant, comme une résurgence de l'ancienne Eglise apostolique, du temps que la famille chrétienne était encore unie.

 

Ces travaux se poursuivent pour le perfectionnement et l'enrichissement aussi bien des textes variables de l'année liturgique que du répertoire des chants.

 

La vie de l'Eglise est centrée sur la liturgie eucharistique. Chaque liturgie commémore un ensemble de faits historiques actualisés dans la célébration liturgique. Elle conduit le croyant à travers l'enseignement de la parole de Dieu (liturgie des catéchumènes) vers l'accomplissement du sacrifice communautaire qu'est l'Eucharistie (liturgie des fidèles).

Pour prendre son sens véritable, la liturgie doit s'inscrire dans le cycle de l'année liturgique : la combinaison des fêtes fixes et des fêtes mobiles expose l'ensemble des événements, fondements de la foi, selon la progression spirituelle qui les lie entre eux. Ainsi elle entraîne la progression du chrétien conscient sur les pas du Christ, dans la vie en Christ.

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“Jamais, jamais, jamais,

ne laissez jamais quiconque vous dire qu’afin d’être Orthodoxe, vous devez aussi être Oriental.

L’Occident a eu la pleine Orthodoxie mille ans durant, et sa vénérable Liturgie est bien plus ancienne que n’importe laquelle de ses hérésies.”

Saint Jean Maximovitch